Le moulin "Barillon" au début du siècle.

Les moulins à vent de Saint Clément des Baleines

Le moulin "Daniel" route du phare

entre "Le Chabot" et "Le Gillieux"

A gauche, le moulin "Victoire",

à droite, le moulin "Barillon" sans ses ailes.

A quand remontent les premiers moulins à vent. D'après certains, ils seraient d'origine orientale, plutôt arabe ou chinoise, aucun bas relief égyptien n'en fait part. En Europe, l'existence d'un moulin est certaine en Angleterre à la fin du 9ème siècle. Il faut attendre le 12ème siècle pour qu'ils soient mentionnés sur des écrits religieux en France. Les premières illustrations datent de la fin du 13ème siècle.

C'est à partir du 16ème siècle qu'ils se développent sur l'île de Ré. Un mémoire de 1753 en mentionne 76, puis 84 au début du 19ème siècle. C'est à cette période qu'il y a eu le plus de moulins sur l'île.

Un relevé de M. CARLES en signale 11 en 1860 uniquement sur la commune de Saint Clément, nombre très important pour une si petite commune. L'île comptait à cette époque 30000 habitants.

En France il existe essentiellement deux catégories de moulin, les moulins les plus anciens sont sur pivot en bois dans le nord, et les moulins « tour » plus au sud, construits en pierre.

Les moulins pour fonctionner ont besoin de vent, d'où leur nombre important sur une île particulièrement ventée de secteur ouest.

A Saint Clément, pour une question accès, tous les moulins se trouvaient le long du grand chemin qui reliait la tour des baleines à Ars.

 

 

Le moulin Barillon avec ses ailes

Ils étaient tous bâti en pierre, de forme cylindrique d'environ 5 mètres de diamètre, avec des murs d'environ 40 cm. L'extérieur était crépi pour protéger l'intérieur de l'humidité. La hauteur des moulins a peut-être augmenté aux cours des ans afin d'offrir une plus grande zone de stockage. La toiture était initialement en bois de chêne peint parfois de couleur vive, d'où le « moulin rouge » de Saint Clément. La toiture était solidaire de l'axe des ailes et les combles renfermaient le mécanisme qui assurait la rotation de la meule. L'ensemble tournait sur une couronne en bois et le meunier utilisait « la queue ou guivre » afin de placer les ailes face au vent.

La forme trapue des moulins leur a permis de résister aux agressions parfois très violentes des éléments.

En bordure de mer, l'intervention des charpentiers de marine dans la conception des moulins semble bien réelle. Ils savaient comment utiliser les vents, et les voiles tendues sur les ailes, les « vergues » rappellent les voiles maritimes, triangulaires pour les moulins méditerranéens, et rectangulaires pour les moulins atlantiques.

Il n'y a plus sur l'île qu'un moulin encore équipé de  « vergues », le moulin de Bellerre ou du « morinand » au Bois plage.

 

 

Le moulin"Victoire" et ses dépendances

rue de la digue, à l'entrée du "Griveau".

Le moulin "Etienne Barillon"

à l'entrée du "Chabot".

Pour sortir d’un moulin, lorsque son entrée était au vent, il fallait faire très attention car ses ailes passaient très près devant la porte.

Les moulins de Saint Clément étaient désignés par la couleur de leur toit (moulin rouge) ou par le nom de la famille propriétaire. Ils figuraient souvent sur les cartes  marines  comme  amers au même titre que les clochers ou la pyramide de la Conche.

 Le moulin "Rouge", route

 du phare, sortie du "Chabot"

Le moulin "Victoire",

plus de toiture, mais du lierre

Même époque, le moulin "Daniel", route du phare, vers Le Gillieux.

Aujourd’hui, les bâtiments qui complètent les moulins sont souvent d’époque, toujours très bas, pour ne pas perturber les vents. Ils étaient généralement entourés de vigne qui elles ont disparu. Ce sont de pimpantes propriétés, au Gillieux, il reste « le moulin Daniel » et ses dépendances parfaitement entretenus mais avec une toiture moderne en zinc. Le moulin « Robert » a été détruit, restent seulement ses dépendances. Le moulin « Victoire » est encore visible à la Tricherie, aucune trace des huit autres. Ils se sont arrêtés les uns après les autres victimes de l’évolution, détruits, les pierres ont été récupérées pour d’autres constructions. Les ailes du dernier moulin, le moulin « Barillon » s’arrêtèrent de tourner vers 1910, en même temps que le dernier des 6 fours « banals » situé rue des rentiers au Griveau. Le moulin « Barillon » fut détruit par les allemands pendant l’occupation et les pierres ont servi à empierrer la route de la batterie « Karola ». 

Le moulin "Daniel",

route du phare.

Le moulin "Daniel", quelques années plus tard,

Le moulin "Daniel"

en 1980

 

On portait le grain au moulin, le meunier était payé en farine, quelquefois en argent. Les trois qualités de farine généraient trois qualités de pain, le pain blanc, le pain mêlé, le pain bis. Rares étaient les Villageois qui achetaient leur pain. Ils se procuraient la farine chez le meunier et les femmes faisaient leur pain. Les maisons n’avaient pas toutes un four et il fallait porter les pâtons préparés pour dix jours environ chez le fournier, payé en pain qu’il revendait.

Le pain était un aliment de base de la nourriture du Villageois qui en consommait près d’un kilogramme par jour. Les moulins faisaient partie du paysage.

Le battage du blé au rouleau,

avec l'homme et le cheval

Puis la machine à vapeur,

 

Et aparaissent les tracteurs.

 

 

La moisson mobilise les Villageois  pendant la période estivale. Au début du siècle, les récoltes se font encore à la faux, le blé est moissonné, lié puis emmené en charrette. Le battage se pratique encore à la main ou au rouleau. Tout le monde tient son rôle pendant la moisson. Cependant, elle bénéficie de plus en plus de la mécanisation. Ainsi, les moissonneuses et moissonneuses-lieuses, tirées par un tracteur ou des chevaux, prennent efficacement le relais de la faux et augmentent considérablement la productivité. Les bottes liées à la main étaient rassemblées dans les dépendances, on craignait les vols mais aussi les incendies. Les aires de battages étaient rares, on utilisait les chemins puis la route départementale du phare.

De multiples solutions ont permis de mécaniser le battage, fastidieux travail de séparation du grain de la paille. Les batteuses sont entraînées au début par des machines à vapeur.

Témoignages d'une autre époque

 le moulin "Victoire"

Les annexes du moulin "Robert"

Le moulin "daniel" en 2010.

Poème de C.M. ROBILLARD

 

http://lezart.free.fr/boutons/alphacamelot/s.gifeul sur la plaine
Désormais,
Te voici,
Mon vieux camarade !
Ancêtre obstiné,
Survivant irréductible,
Anachronique,
Qui t’attardes,
Doué d’une jeunesse
Indéfiniment renouvelée,
Tournant, virant et travaillant
Comme autrefois,
Tu es le témoignage,
L’exemplaire leçon
Et la consolante promesse .

Des moulins de l'île en mémoire sur la toile

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