Vue d'ensemble de la plage de "La Conche des Baleines" depuis la "pointe du lisay".

Panorama de la plage de la "conche" depuis le haut du phare des Baleines.

Bordés par la mer sur 3 côtés, de la côte sauvage à la conche des baleines, les habitants des villages ont toujours eu, au cours des siècles, l’énorme charge d’assurer la protection des côtes, mais ils avaient en contrepartie l’avantage d’y trouver une grande partie de leur nourriture. C’est en 1669 que COLBERT DU TERRON, Intendant de la province, décida d’édifier, au nom du roi, à proximité de la mer, une tour ressemblant à un donjon, au double rôle de surveillance et de signalisation : « la tour des baleines ». Pas entretenue pendant la révolution, les tempêtes successives ont considérablement désagrégé les roches  de  la côte et l’eau  arriva  souvent au pied  

de la tour. Le phare fut remis en état, la digue réparée en très grande  partie  par les villageois, le 7 fructidor de l’an X, 3 mois après la finition de sa remise en état, elle sera de nouveau détruite. On pourrait citer bien d’autres dates où les « vimaires », coïncidences de tempêtes et de forts coefficients ont mis à mal les ouvrages difficilement édifiés. L’histoire de la protection du littoral rétais est un éternel recommencement.

Les photos aériennes actuelles font apparaître les traces de l’ancienne jetée et la conche s’étant désensablée, les fondations de la première partie sont réapparues. Lorsqu’ elle fut terminée, on cessa d’entretenir les deux épis qui certainement n’avaient pas une efficacité comparable. De construction sommaire, ils disparurent très vite.

Il n’existe aucun dessin contemporain de l’ancien ouvrage. Des rapports du début du XXème siècle permettent de se rendre compte de l’importance de celui-ci. « Il a été établi sur toute sa longueur en maçonnerie avec mortier de ciment à prise rapide du pays et moellons non gélifs de saintonge pour le parement et en maçonnerie avec mortier de chaux hydraulique du pays et moellons bruts ordinaires du pays pour l’intérieur de l’ouvrage ».

 

C’était pourtant un ouvrage semi provisoire, il était constitué de 3 parties :

 

 1°) Un ouvrage permettant l’accostage des embarcations à la mi-marée descendante, de 230 mètres de long sur 2 mètres de largeur et 1,5 mètre de hauteur moyenne, enraciné à terre au dessus du niveau des plus hautes mers.

 

2°) Un ouvrage formant abri pour les bateaux de petit tonnage, de 50m de longueur sur 4,25m de largeur moyenne et 5m de hauteur, accolé au premier ouvrage à son extrémité.

 

3°) Un ouvrage prolongeant environ sur 100m de longueur environ les deux premiers, de profil homogène à celui du premier ouvrage, servant comme lui à l’accostage des embarcations à basse mer et atteignant les fonds de +0,50m.

A la fin du premier ouvrage, au niveau de la digue, un ouvrage de 50m, parallèle à la côte, identique dans sa structure au premier avait été construit formant une anse artificielle pour la pêche et l’abri des petites embarcations.

 

La jetée avait donc une longueur totale de 330 m environ et débutait au niveau du 1er épi actuel, légèrement à droite de la descente à bateaux. La photographie n’existait pas à l’époque de sa construction et les premières, réalisées au début du siècle vers 1910, montrent la digue déjà bien endommagée faute d’entretien.

 Après la construction du phare du Haut banc du nord, la jetée a essentiellement servi  au transport des personnes et au ravitaillement nécessaire au fonctionnement du phare des baleineaux. Elle a été entretenue jusqu’en 1910 par les cantonniers du service maritime. En 1909, le feu permanent au pétrole installé en 1894 est remplacé par un feu permanent au gaz, de ce fait, la digue perd toute utilité à cet égard. Durant l’hiver 1910/1911, de violentes tempêtes provoquent des dégradations importantes. En juillet 1911, lors d’une inspection des phares, c’est l’inspecteur général RIPIERE et les ingénieurs du service maritime qui décident de ne pas la réparer et de ne plus entretenir la jetée. Les matériaux consécutifs à la dégradation de la jetée sont récupérés et employés à divers travaux : réparation des digues du littoral au sud de l’île, construction de l’épi de Sablanceaux. Le 3 mai 1921, le Conseil Général de la Charente inférieure émettait le vœu que la jetée de la Conche des baleines soit réparée, allongée afin de servir d’abri aux pêcheurs qui fréquentent la Conche. La dépense fut évaluée à 225 000 F. Les travaux ne pouvant être envisagés que moyennant une contribution importante de la commune concernée, Saint Clément ne disposant pas de ressources suffisantes, ne put s’engager dans une telle dépense.

La jetée de la conche telle quelle était pendant son utilisation

Son état vers 1915

Les reste de la jetée de la conche en 2010,  pour ainsi dire disparus en 2020

En octobre 1922, des ingénieurs du service des pêches maritimes réclament la remise en état de « l’ancienne jetée de la Conche des baleines » au ministère des travaux publics, mais ils ne mettent pas en avant, dans leur rapport son rôle en temps que brise lame de protection de la côte, et ils ne font cette demande que dans le but de l’amélioration de la pêche. Pour le ministre, le nombre de bateaux fréquentant la Conche étant insignifiant, la demande est rejetée. En 1923, on reparle de nouveau de sa remise en état au ministère des travaux publics. Elle serait réalisée dans le but d’y installer simultanément une usine marémotrice d’essai. Après examen de la question, le projet est abandonné.

Il faut remarquer que jusqu’à cette date, aucun rapport ne mentionne d’éventuelles dégradations du rivage. C’est après 1920, la jetée s’étant profondément dégradée, que l’on commence à trouver dans des rapports officiels les premières traces d’inquiétude quant à la stabilité de la côte.

Il faut remarquer que jusqu’à cette date, aucun rapport ne mentionne d’éventuelles dégradations du rivage. C’est à partir de 1910 que le littoral de la Conche commence à subir d’importants phénomènes d’érosions. C’est après 1920, la jetée s’étant profondément dégradée, que l’on commence à trouver dans des rapports officiels les premières traces d’inquiétude quant à la stabilité de la côte.

Les conseils municipaux ont, à de très nombreuses reprises, alertés les pouvoirs publics de ce phénomène naturel inquiétant pour les Villageois. Le rapport de l’ingénieur BASTE, en réponse aux inquiétudes de la municipalité est très complet et permet de se faire une idée précise de la situation. (voir brochure ci-dessous)

La jetée en 1910, le môle est entretenu et résiste aux tempêtes

Il faut remarquer que jusqu’à cette date, aucun rapport ne mentionne d’éventuelles dégradations du rivage. C’est après 1920 , la jetée s’étant profondément dégradée, que l’on commence à trouver dans des rapports officiels les premières traces d’inquiétude quant à la stabilité de la côte.

C’est à partir de 1910 que le littoral de la Con-Conche commence à subir d’importants  phé-nomènes d’érosions. Les conseils municipaux ont à de  très  nombreuses  reprises alertés les pouvoirs  publics  de  ce  phénomène   naturel.

inquiétant pour les Villageois. Le rapport de l’ingénieur BASTE, en réponse aux inquiétudes de la municipalité est très complet et permet de se faire une idée précise de la situation.

La jetée subissait règulièrement les assauts des déferlentes

Quelle a été l’action précise de la digue sur la protection du littoral de la Conche, difficile à évaluer avec précision, mais de nombreux faits et témoignages incontestables montrent qu’elle a eu une action très positive. La corrélation entre la dégradation de la jetée et le recul des dunes est une preuve irréfutable de son rôle. Les relevés successifs des limites de la dune au pas de « Zanuck » montrent qu’entre 1830 et 1852, elle a reculé de 20m, la jetée n’était pas construite. De 1852 à 1910, aucun texte ne signale une dégradation de cette partie du littoral. La jetée de la Conche est construite et entretenue dans sa totalité. Le recul va brusquement réapparaître vers 1920, la jetée a pratiquement disparue. Le recul atteindra 25m en 1964, et depuis, il continue et s’accélère.

Pendant plus d’un demi siècle, rien n’est signalé pour le profil dunaire malgré la disparition de nombreuses écluses qui constituaient d’excellents brise lames à la pointe des baleines. Ces destructions auraient du normalement accélérer l’érosion dunaire de la conche. L’explication logique à cette stabilité du littoral était la présence de la jetée en bon état. Ce qui est encore plus évident, et encore plus inquiétant, c’est que depuis sa disparition et malgré le renforcement de la digue des Chaumes, la construction de nombreux épis, 7 à la pointe des baleines, 4 à la Conche, la dégradation de la dune s’est accélérée et le phénomène s’amplifie.

C’est en 1951 que des projets de construction d’ouvrages définitifs en maçonnerie de béton sont décidés. Ils comprennent 4 épis, l’épi N°1 de la jetée d’une longueur de 85 m, l’épi N°2 d’une longueur de 110 m, l’épi N°3 d’une longueur de 80 m, l’épi N°4 d’une longueur de 60 m et une digue longitudinale allant de l’épi de la jetée jusqu’à l’épi N°3, trop coûteux, ce projet ne dépassera pas les planches à dessins.

Les travaux ont commencé en 1954, ce sont les ouvrages visibles actuellement.

Plans des quatre épis et de la digue de la conche

Destruction des casemates et vue de la conche pendant la période estivale, les 4 épis de 1954,

les 200 m d'enrochement et les vacanciers.

Depuis 2010 et « xynthia », l’état et le département ont apporté les aides financières et pris en charge pour des dizaines de millions d’euros la reconstruction peut-être trop somptueuse des digues indispensables à la protection des rétais. La conche a été l’oubliée, on n’a pas reconstruit d’ouvrages puisqu’il n’y en avait pas ou plus. Quelques « rafistolages » des digues « Poultiers », un enrochement de 200 m (il en manque 800) qui commence à donner des signes de faiblesses seulement dix ans après et une destruction difficile des casemates dangereuses de « Kuni » et « Klara ». C’est tout.

Le retrait et le désengagement des pouvoirs publics qui émergent tout au long de ces 150 ans pour la défense du littoral dunaire de la Conche fait que la mer continue lentement mais surement à ronger les dunes et déplacer le sable vers le banc du bucheron. La défense contre la mer s’accommode mal d’un excès d’oppositions stériles et de procédures.

En 2009, deux brochures très complètes ont été réalisées sur la conche. La première récapitule les évènements les plus importants concernant cette plage depuis 1850 environ, en particulier la construction de la digue des baleineaux et surtout l'arrêt de sa maintenance et les conséquences qui s'en sont suivies. La seconde propose un certain nombre de solutions pour résoudre le grave problème du recul des dunes.

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